Les cours du pétrole reculent lundi après l’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran, qui ouvre la voie à une reprise des flux pétroliers dans le détroit d’Ormuz.
Annoncé lundi matin par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit, et confirmé peu après par Washington et Téhéran, le texte, pas encore rendu public, prévoit la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban.
“J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!”, s’est félicité le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social, ajoutant que cette ouverture interviendra “dès la signature de l’accord vendredi afin de permettre le déminage”.
Il faudra du temps pour que la région retrouve une complète stabilité, “mais la question la plus pressante, la reprise des flux de pétrole et d’autres matières premières, semble pouvoir être résolue dans un avenir prévisible”, constate Tamas Varga, analyste chez PVM Energy.
Après avoir reculé dans la nuit, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, perdait 4,82% vers 08H55 GMT (10H55 à Paris), à 83,12 dollars, peu après avoir perdu plus de 5%.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, tombait de 5,21% à 80,46 dollars, peu après être tombé sous la barre des 80 dollars pour la première fois depuis mi-mars.
Les cours n’ont pas sombré davantage car “le marché était déjà préparé à un accord”, et cela “depuis plusieurs semaines”, indique Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.
En anticipation de la fin des hostilités, les deux références du brut avaient déjà perdu environ un quart de leur valeur depuis un mois.
“La question est désormais de savoir combien de temps il faudra pour que la situation dans le golfe Persique se normalise”, résume l’analyste, car “les inventaires doivent maintenant être reconstitués, de nouvelles réserves stratégiques pourraient devoir être formées, et il existe une demande différée”.
Persiste aussi le risque que “les négociations échouent”, ce qui devrait faire remonter la prime de risque du pétrole, ajoute Rasmussen.
Dans son dernier rapport publié vendredi, l’Opep, l’alliance de pays exportateurs de pétrole, a par ailleurs de nouveau abaissé ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026, dont elle estime qu’elle augmentera d’environ 1 million de barils par jour, contre 1,2 million de barils quotidiens précédemment escomptés.

