L’Afrique est-elle devenue un « obstacle » à la Coupe du monde ?

Traditionnellement, les équipes africaines ont été sous-estimées lors de la Coupe du Monde de la FIFA. Bien qu’aucune équipe africaine n’ait jamais remporté le titre ni atteint la finale lors des 22 dernières éditions, leur progression constante sur la scène footballistique mondiale a peu à peu modifié la perception de leur capacité à rivaliser dans la plus grande compétition de la planète.

Prenons l’exemple du Maroc. Il y a quatre ans, au Qatar, les champions d’Afrique devenaient la première équipe africaine à atteindre les demi-finales de la Coupe du monde. Dans ce tournoi, ils sont à nouveau considérés comme l’une des équipes les plus fortes parmi les 48 participantes, capables de réitérer cet exploit, voire d’aller plus loin.

Leur performance lors du match d’ouverture contre le Brésil, quintuple champion du monde, a encore renforcé cette conviction. Les « Lions de l’Atlas » ont tenu le Brésil en échec (1-1) et ont même été considérés comme ayant mieux joué que l’équipe la plus titrée de l’histoire de la Coupe du monde.

La progression du Maroc témoigne des progrès constants des équipes africaines en Coupe du monde au fil des ans.

Du Cameroun de Roger Milla devenu la première équipe africaine à atteindre les quarts de finale en 1990 après avoir battu l’Argentine, championne en titre, lors de son match d’ouverture, au Sénégal réitérant cet exploit lors de sa première participation en 2002 en battant la France, championne en titre, pour se hisser en quarts de finale, en passant par le Ghana manquant de peu la demi-finale de la Coupe du monde 2010 après une séance de tirs au but déchirante contre l’Uruguay, les équipes africaines ont constamment prouvé qu’elles étaient capables d’aller loin en Coupe du monde.

Avec l’élargissement de la Coupe du Monde à 48 équipes et la présence d’un nombre record de 10 représentants africains, le continent est venu en Amérique du Nord en nombre sans précédent. Outre le Maroc, de nombreuses autres équipes ont prouvé qu’elles ne sont pas là pour faire de la figuration.

Bien que le tournoi vienne à peine de commencer, les équipes africaines ont déjà créé la surprise à plusieurs reprises. Le gardien capverdien Vozinha a réalisé une prestation remarquable face à l’Espagne, permettant à son équipe d’arracher un match nul 0-0 pour sa première participation historique à la Coupe du Monde. De son côté, la République démocratique du Congo a impressionné en obtenant un match nul 1-1 contre le Portugal, l’un des prétendants au titre.

En fait, au vu du déroulement général du match, la République démocratique du Congo pourrait même regretter de ne pas avoir empoché les trois points, car elle a mieux joué pendant la majeure partie de la rencontre et s’est créé de nombreuses occasions dangereuses face à l’équipe de Cristiano Ronaldo.

L’Égypte a également créé la surprise en faisant match nul 1-1 contre la Belgique, troisième de la Coupe du monde 2018. De son côté, la Côte d’Ivoire a fêté son retour en Coupe du monde après 12 ans d’absence en s’imposant 1-0 face à l’Équateur grâce à un but en fin de rencontre, un résultat d’autant plus remarquable que l’Équateur avait terminé deuxième des qualifications sud-américaines derrière l’Argentine.

Le Ghana a également entamé sa campagne par une victoire 1-0 face au Panama, le but de la victoire étant toutefois intervenu dans le temps additionnel. Le Sénégal aurait également pu remporter son premier match, inquiétant la France – finaliste en titre et grand favori – avec plusieurs tirs sur la barre transversale, mais s’est finalement incliné face à la France, auteur d’un doublé exceptionnel de Kylian Mbappé.

Bien que l’Algérie, l’Afrique du Sud et la Tunisie aient toutes perdu leur premier match, leurs chances de qualification restent intactes. L’Afrique du Sud a même montré des signes de retour en force en obtenant un match nul 1-1 contre la République tchèque lors de son deuxième match.

Au total, parmi les 10 équipes africaines représentées, 2 ont gagné, 4 ont fait match nul et 4 ont perdu lors de la première journée. Cependant, ces chiffres ne reflètent pas pleinement la situation globale.

L’impact des équipes africaines face aux géants du football mondial démontre qu’elles sont venues en Amérique du Nord déterminées à s’affirmer. Plus important encore, elles ont prouvé qu’elles étaient parfaitement capables de rivaliser à armes égales avec les meilleures équipes.

Des joueurs comme Ismaël Saibari, Ayyoub Bouaddi, Vozinha, Emam Ashour, Ibrahim Mbaye, Fares Chaïbi et Yoane Wissa se sont révélés au grand public, s’imposant comme des figures incontournables du tournoi. Leurs performances renforcent les espoirs placés en le football africain et confortent l’idée que le continent peut surpasser les exploits passés en Coupe du Monde, même si les défis les plus ardus restent à relever.

Source : https://danviet.vn/da-den-luc-chau-phi-toa-sang-tai-world-cup-d1436642.html