Accord historique ou simple avancée diplomatique ? Alors que le Qatar intensifie sa médiation entre l’Iran et les États-Unis, l’hypothèse d’un accord signé dimanche suscite de nombreuses interrogations, en l’absence de confirmation officielle de Téhéran. Aucun texte n’a toutefois été officiellement annoncé, laissant planer le doute sur l’issue réelle des négociations.
Après des semaines de tractations, les regards se tournent vers Téhéran. L’arrivée d’une délégation qatarie relance les spéculations sur la conclusion d’un accord entre l’Iran et les États-Unis, mais les zones d’ombre demeurent nombreuses sur la réalité et le contenu d’un éventuel compromis.
L’Iran accuse les Etats-Unis de ne pas respecter ses engagements .
Un négociateur en chef iranien a accusé les Etats-Unis dimanche de ne pas respecter ses engagements après l’attaque israélienne au Liban.
Israël avait intensifié ses frappes sur le sud de Beyrouth dimanche.
Téhéran s’engage à ne pas produire ni acquérir d’armes nucléaires, selon Reuters .
Un haut responsable iranien a déclaré à Reuters, dimanche 14 juin, qu’un projet final de protocole d’accord avec les États-Unis couvrait un large éventail de dossiers, allant du programme nucléaire de Téhéran à la réouverture du détroit d’Ormuz, en passant par l’octroi de dérogations américaines sur les sanctions pétrolières.
« Le texte final sera discuté dans les 60 jours suivant l’approbation du projet par les deux parties », a affirmé cette source.
Selon ce responsable, le projet de mémorandum prévoit la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz et la levée totale des sanctions américaines contre les ports iraniens.
En contrepartie, Washington s’engage à débloquer 25 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés, tandis que Téhéran s’engage formellement à ne pas produire ni acquérir d’armes nucléaires.
Une délégation qatarie en Iran dimanche .
Une délégation du Qatar, pays médiateur avec le Pakistan entre l’Iran et les Etats-Unis, est arrivée dimanche 14 juin à Téhéran dans le cadre des pourparlers pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, selon les médias iraniens.
Un conseiller du ministre des Affaires étrangères du Qatar a été dépêché en Iran. Cette visite est destinée à « examiner les derniers développements liés au processus diplomatique », selon Tasnim, une autre agence iranienne.
Une délégation du Qatar, pays soutenant la médiation du Pakistan entre l’Iran et les Etats-Unis, est arrivée dimanche à Téhéran dans le cadre des pourparlers pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, selon des médias iraniens et un diplomate.
D’après l’agence Isna, un conseiller du ministre des Affaires étrangères du Qatar a été dépêché en Iran. Cette visite est destinée à “examiner les derniers développements liés au processus diplomatique”, selon Tasnim, une autre agence iranienne.
Ce déplacement intervient après plusieurs semaines de négociations menées sous médiation pakistanaise, avec l’appui du Qatar, afin de mettre fin au conflit qui secoue le Moyen-Orient.
Téhéran n’a pas encore pris de décision finale, selon Fars.
L’agence de presse iranienne Fars, réputée proche des milieux conservateurs, a affirmé dimanche que l’Iran n’avait pas encore pris de décision pour la signature du protocole d’accord en discussion avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
« La République islamique d’Iran n’a pas encore pris ni annoncé sa décision finale concernant le protocole d’accord proposé lors des négociations », a écrit Fars, citant une une source bien informée proche de l’équipe de négociation” iranienne.
La possibilité d’un tel règlement suscite l’opposition de certains ultraconservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit d’Ormuz, de facto bloqué par l’Iran depuis le début de la guerre.
Les médias doivent s’abstenir de toute spéculation sur l’accord: Aragchi
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré vendredi que les médias doivent s’abstenir de toute spéculation sur le contenu de l’accord jusqu’à sa conclusion définitive.
Araghchi a ajouté que l’Iran communiquerait tous les détails à la population au moment opportun, soulignant ce qu’il a qualifié d’approche responsable et transparente adoptée par Téhéran.
Des médias iraniens avaient auparavant publié des fuites concernant cet accord, suscitant, semble-t-il, la colère de Washington.
Dans l’autre camp, Donald Trump a affirmé que les Etats-Unis signeraient dimanche un accord avec l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et prévoyant la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, une information non confirmée à ce stade par Téhéran.
Mais les informations qui ont fuité de part et d’autre sur ce possible accord initial, qui ouvrirait la voie à des négociations sur les détails techniques très contestés, présentent encore des divergences, tandis que le calendrier même reste incertain.
Le Pakistan optimiste sur la finalisation d’un accord .
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue le rôle de médiateur dans ce conflit, a indiqué samedi s’attendre à la « finalisation de cet accord dans les prochaines 24 heures », et se préparer à sa signature électronique avant des discussions techniques la semaine prochaine.
Une signature comme cadeau d’anniversaire .
Le président américain, qui a déjà annoncé de nombreuses fois qu’un accord était imminent sans que cela ne se concrétise, a ensuite assuré que la signature était prévue pour dimanche, jour de ses 80 ans.
« Dès qu’il aura été signé, le détroit d’Ormuz sera OUVERT À TOUS », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social, ajoutant que les Iraniens « ne voulaient plus d’arme nucléaire ».

